Dans l'accueillante Maison de quartier de la Fontaine d'Ouche Michel Neugnot a remercié les militants (une centaine) d'être présents pour participer à une assemblée
générale du PS de Côte d'Or sur la présentation des contributions. Il leur a souhaité la bienvenue, demandé aux intervenants de s'asseoir à la tribune.
Présenter des contributions le 20 septembre alors que les motions doivent être déposées mardi 23 est pour le moins surréaliste (toutes les fédérations n'ont pas
organisé de débat !). 5 minutes et 2 secondes ont été accordées aux 8 intervenants afin de laisser place au débat.
Les contributions présentées ont été les suivantes :
« Donner une cohérence à la gauche et un espoir à la France » présentée par François Hollande intervenant Michel Neugnot
« Clarté, courage, créativité : choisir maintenant pour agir demain » présentée par Bertrand Delanoë intervenant Pierre
Pribetich
« Debout la Gauche » présentée par Marc Dolez et forces militantes
intervenant Alain Piegay
« Combattre et proposer » présentée par Ségolène Royal
intervenant François Rebsamen
« Reconquêtes » présentée par Benoît Hamon et Henri Emmanuelli
intervenant Vincent Assante
« Besoin de gauche » présentée par Pierre Moscovici
intervenant Patrick Audard
« Réinventer la gauche » présentée par Jean-Luc Mélenchon et « Trait d'Union »
intervenant Frédéric Pluchon venant de Seine saint Denis
« Urgence sociale » présentée par Pierre Larrouturou
intervenant Guy Sassier
1)Pour François Hollande il faut être contre le sarkozysme sans vouloir avoir réponse à tout, nous devons présenter un projet de société qui doit
permettre :
-D'endiguer la violence qui se développe de plus en plus.
-Prévoir l'allongement de la vie et les problèmes que
cela entraîne pour la société.
-Maîtriser humainement l'immigration.
-Définir l'ordre
international.
-Lutter démocratiquement contre la présidentialisation de nos institutions.
-Redéfinir
un projet européen.
-Rassembler la gauche autour du PS parti dominant.
2) Pour Bertrand Delanoë
Il annonce clairement que le PS est un parti réformiste.
-Veut une alliance à gauche sans le Modem.
-Accepte le projet européen tel qu'il est.
-Veut créer les conditions de la croissance pour redonner du
pouvoir d'achat.
-Veut se dégager de la politique étrangère de Sarkozy et Bush.
-Veut introduire de
la démocratie dans le parti et redynamiser un parti de militants.
3) Marc Dolez
-Changer la donne à gauche pour reconstruire une gauche digne de ce nom qui face à la droite soit à la hauteur de ses responsabilités et puisse répondre aux
attentes de millions de citoyens.
-Reconstruire un parti authentiquement socialiste en faisant l'inventaire de nos échecs, de nos renoncements, de
nos faiblesses idéologiques.
-Le socialisme reste une idée neuve pour lier la question sociale et la question idéologique.
-Il faut réintroduire le contrôle des services publics sur les moyens de production les plus stratégiques pour le bien commun le partage des richesses rien n'est plus
urgent que de reconstruire une idée de rupture avec le capitalisme.
-Rien ne pourra se faire en France et en Europe sans le respect de la
souveraineté populaire.
-L'enjeu du congrès est de reconstruire un parti qui crée dès que possible une véritable alternative à gauche capable de
rompre avec les logiques libérales.
4) Ségolène Royal
Tous les socialistes sont pour :
-Le pouvoir d'achat, pour les droits des travailleurs, pour réduire le temps de travail, pour la retraite, l'efficacité fiscale etc.
-Il n'y a pas de différences majeures entre nous, nous voulons tous la même chose ; les différences sont dans les nuances.
-Il faut faire
du socialisme une force neuve de ce siècle, le parti doit être grand, fort, porteur d'espoir, il doit être décentralisé.
-Il faut inventer de
nouvelles formes de militantisme et faire participer l'ensemble de la société au fonctionnement du parti.
-Les militants devront être respectés.
-Il faut fédérer la gauche et attirer les démocrates.
-Il faut mettre l'économie au service de l'humain, rééquilibrer les rapports de forces entre le capital et le travail.
-Le
candidat devra être désigné par des primaires.
Malgré tout le talent de François, on ne peut concevoir qu'il n'y ait pas de clivages entre militants.
5) Benoît Hamon Henri Emmanuelli
- Il faut arrêter la peoplisation du parti l'exemple de La Rochelle est désastreux les amphis étaient pleins les militants travaillaient beaucoup et bien. Les
journalistes qui ont bien entendu saisi l'opportunité qui leur était offerte n'en ont pas rendu compte mais ont fait leur miel des rencontres et des alliances de circonstances du moment. Le
congrès ne peut être à nouveau peoplisé.
-Les divergences au sein du parti sont profondes elles présentent un véritable clivage qui doit être
débattu. Sur le fond le congrès doit porter essentiellement sur ces points car il y a un sérieux risque de scission.
-Dans la fidélité à notre
histoire, au contrat social nous proposons une ligne franchement orientée à gauche, une ligne de rupture avec le libéralisme, l'objectif n'est pas d'être majoritaire seul mais de rassembler sur
nos conviction une majorité qui acceptera des compromis.
-Nous devons rassembler le parti sur cette ligne puis établir un programme clair pour
rassembler et créer une dynamique de toute la gauche.
-Il faut refuser les alliances avec le centre.
6) Pierre Moscovici
Le congrès ne doit pas porter sur le choix du présidentiable c'est la base du dépôt de cette contribution.
-Il faut absolument refuser la présidentialisation du parti.
-Il faut définir un nouveau modèle de
développement
-Promouvoir l'égalité réelle
-Réaffirmer l'engagement européen
-Reconstruire le parti socialiste qui a pris du retard. Le rendre incontournable en l'ancrant dans la sociale démocratie.
-Redéfinir la démocratie à l'intérieur du parti
7) Jean-Luc Mélenchon
Il ne faut pas se voiler la face les divergences existent et elles sont fortes elles portent sur le type de socialisme et de société que nous voulons, sur les
alliances que nous sommes prêt à assumer ou pas.
Les points à clarifier :
- sommes-nous d'accord sur l'Europe alors que le TCE a été rejeté par La France, les Pays Bas et l'Irlande par des votes sans appel. Pour nous le traité de Lisbonne
est caduc nous ne voyons qu'un moyen pour sortir de cette impasse créer une constituante européenne.
-Afghanistan : sommes nous d'accord pour retirer
nos troupes d'une guerre qui ne dit pas son nom, qui fait de nos soldats des supplétifs des USA dans une guerre qui est la leur et non la nôtre.
-
Sommes-nous d'accord pour la réintégration de nos forces dans l'OTAN
- Sommes-nous d'accord sur le partage des richesses.
- Sommes-nous d'accord sur les alliances politiques
- Sommes-nous d'accord sur le rôle de l'Etat
- Nous ne sommes pas d'accord sur les primaires pour la désignation du candidat de la gauche l'exemple de l'Italie est remarquable aucun député communiste aucun député
socialiste au parlement !
Tous ces points doivent être tranchés il y a bien de grosses divergences de fond le parti doit il être accompagnateur du libéralisme ou doit il proposer des
solutions socialistes en rupture avec le néolibéralisme nous voyons tous les résultats de ce qu'est devenue la sociale démocratie en Europe.
8) Pierre Larrouturou
Sa contribution se veut transversale elle n'est pas déposée pour prendre le pouvoir mais pour informer. Chacun doit se reconnaître dans ces propositions il faut
dire que les chiffres donnés sont incontestables et que les solutions proposées vont dans le sens du socialisme et chacun devrait s'y retrouver dans ses propositions.
La parole est à la salle :
-Colette Popart prend la parole en premier elle attaque sur la parité dans le parti et fait remarquer à juste titre qu'il n'y a que des hommes pour présenter les
contributions. Elle en profite pour nous ressortir le débat suranné de la défaite de 2007 parce que la candidate était une femme et non pas parce qu'il y a eu des erreurs. Facile pour éviter
l'inventaire. Ensuite elle met en cause d'une façon à peine voilée Pierre Pribetich en lui faisant remarquer qu'il ne devrait pas critiquer l'alliance avec le Modem puisqu'il s'est présenté aux
municipales sur une liste où figuraient des personnalités du Modem local.
-D'autres intervenants de Dijon sont intervenus plus fortement contre lui en lui faisant le même reproche ; le sujet de la discorde est son soutien à la
contribution de Bertrand Delanoë.
-Un camarade de Beaune demande pourquoi Jean-Luc Mélenchon est-il encore au PS !
-d'autres interventions plus consensuelles ont été faites.
La parole a été redonnée à la tribune :
-Pierre Pribetich a répondu en premier il est sorti de ses gonds et a ressorti des épisodes douloureux qui se sont déroulées à la section de Dijon, laissant la
salle glacée.
-Je suis intervenu tout de suite après pour dire que j'étais fier de défendre « Debout la Gauche », que les intervenants à la tribune avaient produit de
bons débats et qu'il était inadmissible de s'en prendre aux personnes de cette façon. Le parti a besoin de se rassembler et non pas d'exclure il a besoin de tous ses militants. Le débat de fond
doit être tranché soit nous restons un parti socialiste soit nous devenons un parti social-libéral pour accompagner le néolibéralisme en faisant du Sarkozysme de gauche. J'ai précisé que le
congrès appartenait aux militants et qu'ils auront à trancher. J'en ai profité pour terminer la fin de mon intervention (elle était un peu longue pour passer en une fois) ce que très gentiment
Michel m'a fait remarquer.
Frédéric Pluchon a répondu que si Jean-Luc n'avait pas sa place au PS il fallait l'exclure. Il a rappelé que les socialistes ont voté majoritairement non au TCE
comme l'ensemble des français. Il a également confirmé que les divergences sont bien là et qu'il faudra trancher.
-Patrick Audard a précisé que la démocratie dans le parti doit être revue, si les militants ne sont pas impliqués dans les décisions comme l'alliance avec le Modem
sans en avoir débattu il faut s'attendre à avoir un dysfonctionnement. Et de conclure que nous sommes tous sociaux démocrates.
-Michel Neugnot a conclu cette AG en demandant aux militants de se respecter et surtout d'aller voter lors des différentes échéances électorales prévues lors du
congrès et après.
En conclusion les attaques de personne de la part des Ségolénistes n'augurent rien de bon pour le congrès. Leur débat porte toujours sur la forme et non sur le
fond, dire qu'il n'y a pas de divergences, proposer des primaires en est la meilleure preuve. Nous devons défendre les idées et le socialisme que nous voulons à titre personnel c'est ce que je
continuerai de faire. Je souhaite évidement une motion de gauche à 5 la situation économique actuelle nous donne encore plus raison chaque jour, mais il est bien évident aussi qu'il faudra
trancher si nous n'arrivons pas à rassembler sur nos valeurs (celles des contributions les plus à gauche).
Alain PIEGAY