Pour nous socialiste le seul combat qui vaille est celui
qui durant un siècle a permis les grandes avancées sociales, perpétuant ainsi l'idéal de la Révolution Française.
Durant un siècle le Parti Socialiste a dû s'adapter, négocier des virages, aujourd'hui encore il se trouve face à une évolution majeure.
Après l'échec cuisant de notre parti et de Lionel JOSPIN à l'élection présidentielle de 2002, dès le 16 octobre de la même année le processus de construction d'un courant pour un
nouveau parti socialiste est lancé par Benoît HAMON, Arnaud MONTEBOURG, Vincent PEILLON, Julien DRAY et Christian PAUL.
Au congrès de DIJON, six mois plus tard, la motion NPS soumise au vote des militants affirme son ancrage à la gauche du parti, critiquant le social-libéralisme et la dérive libérale
de l'Union Européenne, et portant un plaidoyer pour la rénovation du PS et de la démocratie avec la revendication d'une VI ème République et recueille près de 17% des suffrages.
A l'heure où la totalité des dirigeants du Parti Socialiste prétendent incarner sa rénovation, dénoncent les méfaits du social-libéralisme et la nécessité de repenser le modèle européen, il est
bon de le rappeler dans la mesure où la plupart des prétendants à sa direction, aujourd'hui, étaient hier, dans la motion majoritaire de François HOLLANDE, donc dans la direction du parti, où
l'ont rejointe au congrès du MANS.
Au congrès de REIMS l'enjeu sera bien celui-là, car après un nouvel échec à l'élection présidentielle, le troisième en 12 ans, la nécessité d'une rénovation du Parti Socialiste est devenue
indispensable, incontournable : rénovation idéologique, institutionnelle et rénovation stratégique, pour proposer aux français une alternative crédible.
Rénovation idéologique :
C'est un fait, le Parti Socialiste est un parti social-démocrate au sens historique du terme, c'est à dire qui a abandonné la notion de révolution mais qui
reconnaît l'existence d'une lutte de classe.
Depuis 18 mois SARKOZY veut entraîner la France et les français vers un modèle néo-libéral anglo-saxon dont nous savons avec certitude aujourd'hui qu'il a échoué.
Comme l'administration BUSH aux Etats-Unis, SARKOZY voudrait nous inciter à nous regrouper dans une sorte d'union nationale destinée en réalité à sauver un système moribond, pour cela il utilise
des thèmes et des argument empruntés à la gauche.
Face à cela, il est impérieux que le Parti Socialiste promeuve une société et un modèle économique nouveau dont le pilier central sera la SOLIDARITE , en allant bien au-delà d'une simple
régulation du système actuel et où l'intervention de la puissance publique sera prépondérante et les services publics modernisés, réformés mais renforcés avec des moyens à la hauteur de nos
ambitions au service des français.
L'écologie et le développement durable devront être des éléments majeurs de l'expression de cette solidarité et être présents dans tous les domaines de la politique proposée et mise ne
œuvre par le Parti Socialiste au même titre que l'école et la recherche.
La rénovation idéologique passe par l'affirmation claire, sans ambiguïté et sans complexe que le parti socialiste est ancré à gauche, capable de défendre les acquis des travailleurs, de garantir
la laïcité mais aussi de conquérir des droits nouveaux (homo-parentalité, fin de vie...).
L'ensemble de ces orientations devra trouver écho au niveau européen.
Rénovation institutionnelle :
Les institutions de la Vème République, qui viennent d'avoir 50 ans, malgré les réformes de circonstances, ne sont plus adaptées à une démocratie moderne.
Le parti socialiste doit engager les réformes qui conduiront à la VIème République avec le refus de l'hyper-présidentialisation, le renforcement des pouvoirs du parlement et la
remise au premier plan du rôle du premier ministre, seul responsable devant le parlement.
Cette rénovation institutionnelle passe également par la création d'un véritable statut de l'élu qui devra permettre enfin la limitation du cumul des mandats.
Rénovation stratégique :
Le Parti Socialiste a une longue tradition de débat interne, les débats qui ont conduit à la désignation de notre candidate en 2006 ont été salués comme
un exemple de l'expression de la démocratie interne.
Il doit cpnserver cette tradition, les militants doivent être respectés par la direction, le vote des militants doit être respecté par tous.
Ces débats, lors du référendum sur le TCE, nous ont divisés.
Si nous voulons gagner demain il est primordial de se rassembler au sein de notre parti, sans exclusive, au-delà des divergences passées.
François MITERRAND au premier tour de la présidentielle a obtenu, en 1981, 25, 85% des voix, Ségolène ROYAL, en 2007, 25,87 %.
Dans le premier cas, l'ensemble des forces de gauche représentait un réservoir d'environ 20% de voix alors qu'en 2007, ce réservoir à gauche n'était que de 10% !Penser que le Parti Socialiste puisse remporter seul l'élection présidentielle avec les seules voix des socialiste est déraisonnable.
Au-delà de nos alliances naturelles avec le PC, le PRG, le MRC, les Verts, se posera inéluctablement la question de la stratégie à adopter pour former une majorité.
Le Parti Socialiste doit être le pivot de l'ensemble des forces de gauche, il ne saurait donc être question d'alliance avec le centre qui nous a toujours combattu et aujourd'hui encore,
même si le MoDem montre une certaine opposition à SARKOZY, son leader est loin d'adhérer à toutes nos propositions.
Ce parti socialiste nouveau devra retrouver la crédibilité qu'il a laissée à un centre gauche qui ne peut pas porter nos valeurs, valeurs que nous ne devons pas abandonner non plus à l'extrême
gauche, en clair, il lui faudra écarter BAYROU et le MoDem tout en comprimant BESANCENOT qui par son attitude fait le jeu de la droite et de SARKOZY et convaincre sur nos idées sans
passer par les appareils des partis que ce soit au centre ou à l'extrême gauche.
Ces 3 points sont essentiels, ce ne sont pas les seuls, mais ils constituent la colonne vertébrale d'un parti socialiste rénové qui correspond à mes convictions et à mes aspirations.
C'est pourquoi au moment où une réelle possibilité de rénover notre parti sur nos valeurs de gauche, se présente pour préparer les victoires de la gauche aux prochaines élections et celle de
2012 en particulier (car, à l'issue du congrès de REIMS, c'est bien de cela dont il s'agira), pour permettre à une nouvelle génération d'accéder aux postes de responsabilités,
personnellement je voterai «Changer à gauche pour changer le France », je voterai pour la motion "D", le 6 novembre prochain.
Gérard CARITEAU